Grappling et Jiu-Jitsu Brésilien (JJB) ne s’opposent pas : le grappling est la grande famille à laquelle le JJB appartient. Le mot désigne les sports de saisie, où l’on contrôle, projette, immobilise ou fait abandonner son adversaire, sans aucune frappe. Mais on l’emploie aussi pour une forme précise : le combat de soumission sans kimono, très proche du JJB « no-gi ».
Qu’est-ce que le grappling ?
En anglais, grappling signifie « lutte par saisie ». Le terme réunit toutes les techniques de contrôle, de projection, d’immobilisation et de soumission, debout comme au sol, à mains nues. Plusieurs disciplines en font partie :
- la lutte, où l’on gagne notamment par « tombé », en plaquant les épaules de l’adversaire au sol ;
- le judo, qui privilégie les projections debout (voir JJB ou judo) ;
- le sambo ;
- le Jiu-Jitsu Brésilien, centré sur le travail au sol et les soumissions ;
- le submission grappling, ou grappling de soumission, souvent pratiqué sans kimono.
La fédération internationale de lutte, United World Wrestling (UWW), compte le grappling parmi ses styles officiels depuis 2007. En France, le grappling est une discipline associée de la Fédération française de lutte et disciplines associées (FFLDA), qui en distingue trois formes : sans kimono (no-gi), avec kimono (gi) et le grappling fight, une variante qui ajoute des frappes.
Gi ou no-gi : avec ou sans kimono
Le JJB se pratique traditionnellement en kimono, appelé gi : une veste et un pantalon en coton, fermés par une ceinture. Le tissu fait partie du jeu. On saisit le col, les manches ou le pantalon pour contrôler son partenaire, et certains étranglements se font avec le kimono, comme l’étranglement Ezequiel, réalisé avec la manche.
En no-gi, on combat sans kimono. Aux compétitions de l’IBJJF, la fédération internationale de JJB dont les règles servent de référence, la tenue est un haut moulant en matière élastique, le rash guard, qui couvre le torse jusqu’à la ceinture du short, et un short sans poches ni boutons, avec ou sans cuissard moulant dessous ; les femmes peuvent aussi porter un legging moulant. Le niveau reste visible : à l’IBJJF, le haut doit reprendre, au moins en partie, la couleur de la ceinture.
Sans tissu à agripper, on contrôle directement le corps : poignets, bras, nuque, jambes. Le règlement de l’IBJJF interdit d’ailleurs, en no-gi, de saisir sa propre tenue ou celle de l’adversaire. L’éventail de techniques est donc plus réduit qu’en kimono.
Règles et points : ce qui change en compétition
En JJB comme en grappling, on gagne d’abord par soumission : l’adversaire abandonne en tapant de la main ou du pied, ou en le disant. Sinon, les points départagent les combattants à la fin du temps. Le barème dépend de la fédération.
En JJB, avec ou sans kimono (IBJJF)
L’IBJJF applique le même barème en gi et en no-gi :
- 2 points pour une projection, un renversement depuis la garde ou le genou sur le ventre ;
- 3 points pour un passage de garde ;
- 4 points pour la position montée ou le contrôle du dos.
En cas d’égalité, on compare les avantages, puis les pénalités, et l’arbitre tranche en dernier recours. Le no-gi a une particularité : la clé de talon (heel hook) et les clés qui tordent le genou, interdites en kimono, y sont permises pour les adultes ceintures marron et noire.
En grappling (UWW)
Le grappling de l’UWW a son propre barème : 1 point pour une tentative de soumission sérieuse, 2 points pour une projection, un renversement ou le genou sur le ventre, 3 points pour un passage de garde, 4 points pour la position montée ou le contrôle du dos. « Tirer la garde », c’est-à-dire passer de debout à la garde, au sol, en gardant le contact ou une saisie sur l’adversaire, peut y coûter 1 point si celui-ci garde ensuite le dessus pendant 3 secondes. En cas d’égalité, une prolongation est jouée.
D’autres organisateurs ont leurs propres règles, comme l’ADCC, l’un des tournois de submission grappling sans kimono les plus réputés, créé à Abou Dhabi en 1998.
Pourquoi pratiquer les deux ?
Le gi et le no-gi partagent l’essentiel : les mêmes positions (garde, passage de garde, montée, contrôle du dos), les clés et les étranglements qui ne passent pas par le tissu, et des barèmes de points proches. Chaque forme éclaire pourtant l’autre.
- En kimono, chaque saisie donne une prise solide : on apprend à contrôler pas à pas et à se libérer des saisies de son partenaire.
- Sans kimono, ces prises disparaissent : il faut contrôler le corps lui-même, ce qui oblige à soigner ses placements.
- Passer de l’un à l’autre montre quelles techniques dépendent de la tenue et lesquelles n’en dépendent pas.
Pour débuter, inutile de choisir tout de suite : commencez par le format proposé par votre club, puis essayez l’autre quand l’envie vient. Pour une première séance, lisez comment bien se préparer.