Le judo et le Jiu-Jitsu Brésilien (JJB) sont de la même famille : deux sports de saisie en kimono, sans frappe en compétition. La grande différence tient à l’endroit où se joue le combat. Le judo cherche d’abord à projeter l’adversaire, debout. Le JJB, lui, se joue surtout au sol : on contrôle son partenaire, puis on l’amène à abandonner.

Le JJB vient-il du judo ?

Oui. Le judo est créé au Japon en 1882 par Jigoro Kano, qui ouvre son école, le Kodokan, à Tokyo. Il reprend des techniques du ju-jitsu ancien, retire les plus dangereuses et en fait une méthode d’éducation physique, mentale et morale.

Mitsuyo Maeda, judoka formé au Kodokan, quitte le Japon en 1904 pour les États-Unis, puis s’installe au Brésil dans les années 1910. Selon le récit de la famille Gracie, Carlos Gracie apprend auprès de lui, puis transmet cet enseignement à ses frères, dont Hélio. La famille Gracie développe ensuite une pratique tournée vers le combat au sol : le Jiu-Jitsu Brésilien.

Ce lien direct entre Maeda et les Gracie, et sa durée, restent discutés par les historiens. Le point de départ, lui, est bien le judo du Kodokan.

Debout ou au sol : la vraie différence

En judo, l’objectif principal est la projection : faire tomber l’adversaire sur le dos, avec vitesse, force et contrôle. Le travail au sol existe (immobilisations, étranglements, clés de bras), mais il reste une option parmi d’autres. Les clés n’y sont permises que sur le coude, et l’arbitre sanctionne celui qui tire son adversaire au sol sans chercher à le projeter.

Le JJB fait l’inverse : il cherche à amener le combat au sol, pour réduire l’écart de poids entre les deux combattants. On peut même combattre sur le dos, grâce à la garde : les jambes servent à bloquer l’adversaire et à l’empêcher de prendre le contrôle. En compétition, il est permis de « tirer la garde », c’est-à-dire de s’asseoir en gardant une saisie sur l’adversaire.

Pour finir le combat, le JJB utilise les clés articulaires et les étranglements. Les techniques permises dépendent de l’âge et de la ceinture du pratiquant.

Règles et points : deux façons de gagner

En judo, le combat s’arrête sur ippon : une projection nette sur le dos, une immobilisation tenue 20 secondes, ou un abandon sur clé ou étranglement. Des scores plus petits (waza-ari, et yuko depuis 2025) récompensent les actions moins complètes.

En JJB, selon le règlement de l’IBJJF, la fédération internationale dont les règles servent de référence, on gagne d’abord par soumission : l’adversaire tape deux fois ou dit qu’il abandonne. Sans soumission, les points départagent les combattants à la fin du temps :

  • 2 points pour une projection, un renversement depuis la garde ou le genou posé sur le ventre de l’adversaire ;
  • 3 points pour un passage de garde ;
  • 4 points pour la position montée (assis sur l’adversaire) ou le contrôle du dos.

En cas d’égalité, on compare les avantages (une action presque réussie), puis les pénalités, et enfin l’arbitre tranche. Le JJB se pratique aussi sans kimono, en short et t-shirt moulant : c’est le no-gi, proche du grappling.

Ceintures et kimono

Les deux disciplines se pratiquent en kimono : une veste et un pantalon en coton, fermés par une ceinture qui indique le niveau.

En JJB, les adultes passent par cinq ceintures : blanche, bleue, violette, marron et noire. Avant 16 ans, des ceintures grise, jaune, orange et verte s’intercalent après la blanche (voir aussi à quel âge commencer). En France, le judo compte plus de couleurs avant la noire : blanche, jaune, orange, verte, bleue et marron. Jusqu’à la marron, c’est le club de judo qui les remet ; la noire dépend d’une commission de la Fédération française de judo.

Côté tenue, le judogi est le plus souvent blanc ; en compétition internationale, l’un des deux combattants porte un judogi bleu. En compétition de JJB, le kimono doit être uni : blanc, bleu roi ou noir.

Judo ou JJB : comment choisir ?

Aucun des deux n’est « meilleur » : ils répondent à des envies différentes.

  • Vous aimez les chutes, les projections et le combat debout, ou l’idée d’un sport olympique (le judo est entré aux Jeux à Tokyo en 1964) : le judo vous attirera sans doute.
  • Vous préférez les échanges au sol, la recherche de la bonne position et les soumissions : le JJB vous ressemblera davantage. Il n’est pas au programme olympique.
  • Dans tous les cas, regardez aussi les horaires, la distance et l’ambiance du club.

Le plus simple reste d’essayer un cours de chaque. Rien n’empêche ensuite de pratiquer les deux, puisqu’ils partagent le kimono, les saisies et une partie du travail au sol. Pour une première séance, lisez comment bien se préparer.